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À PROPOS

STATEMENT —

L’expérience du réel n’est pas fixe. Elle se construit et se transforme à travers les relations que nous entretenons avec ce qui nous entoure.

 

Ma pratique explore ces processus à travers les relations entre corps, espace, temps, matière, information et perception. Installation, sculpture, photographie, peinture, image en mouvement, performance, son et écriture deviennent différents moyens d’interroger une même recherche.

 

Je m’intéresse moins aux choses isolées qu’à ce qui circule entre elles : aux transmissions, aux résonances, aux correspondances, aux altérations et aux processus par lesquels une forme, un signal, un espace ou une présence devient phénomène.

 

Chaque œuvre devient ainsi un dispositif de relation, de perception et de transformation.

DÉMARCHE ARTISTIQUE —

Ma pratique se construit à partir de ce qui attire mon attention : une matière, une forme, une sensation, une observation, une question, une image, un son ou une expérience. Le point de départ varie, tout comme le médium. Je travaille souvent de manière intuitive, en suivant ce qui apparaît au cours du processus plutôt qu’en déterminant à l’avance ce que l’œuvre doit devenir. L’œuvre n’est ainsi pas seulement l’aboutissement d’une recherche : elle devient elle-même un moyen de connaissance, capable de me renvoyer des informations, de déplacer ma perception et d’ouvrir de nouvelles questions.

 

À travers cette diversité de points de départ, certaines préoccupations reviennent pourtant de manière persistante. Corps, espace, temps, matière, information et perception se rencontrent dans des processus de relation, de transmission et de transformation. Ces récurrences ne constituent pas un programme préalable à l’œuvre : elles apparaissent progressivement à travers la pratique et forment aujourd’hui un champ de recherche commun.

 

Je m’intéresse à la manière dont ces relations deviennent perceptibles. Observation, intuition et expérience somatique dialoguent ainsi avec différents champs de connaissance et avec des cosmovisions issues notamment de mes héritages latino-américains. Énergie, vibration, fréquence, mémoire, transmission ou résonance peuvent devenir des modèles pour penser et expérimenter ce qui circule entre les êtres, les matières et les environnements. Les références scientifiques n’interviennent pas comme des vérités à illustrer, pas plus que l’intuition comme une réponse à imposer : leur rencontre ouvre un espace d’expérimentation où différentes manières de connaître peuvent coexister, se déplacer et se mettre à l’épreuve.

 

Je ne privilégie pas un médium en particulier. Installation, sculpture, photographie, peinture, son, image en mouvement, performance ou écriture apparaissent selon les intuitions, les nécessités et les possibilités propres à chaque processus. Il arrive qu’une matière ou une technique soit elle-même le point de départ ; ailleurs, c’est une question, une expérience ou une observation qui appelle progressivement une forme. Les médiums peuvent rester autonomes ou entrer en relation, se prolonger et se transformer les uns les autres. Le corps lui-même — le mien comme celui du visiteur — peut devenir un élément actif du dispositif : surface de réception, vecteur de transmission ou lieu où l’expérience se transforme.

 

Cette approche me conduit à circuler entre différentes échelles, temporalités et formes de connaissance, du sensible au conceptuel, du corporel au spatial, du biologique au cosmologique. Le temps y intervient autant comme durée que comme rythme, mouvement et processus de transformation. Une œuvre peut se construire en quelques jours ou se développer sur plusieurs années ; elle peut également réapparaître, se déplacer et se transformer au contact d’un nouveau contexte.

 

Je cherche moins à représenter un monde déjà donné qu’à construire des situations où certaines relations peuvent devenir sensibles. L’œuvre agit alors comme un champ d’expérience : un espace et un temps où corps, matière, information et perception entrent en relation, et où ce qui semblait séparé peut momentanément apparaître comme partie d’un même processus.

BIO —

Tania Isabel Rodríguez Carvallo, qui signe ses œuvres TIRC, est une artiste mexicaine-équatorienne basée à Lyon. Sa pratique transdisciplinaire se déploie à travers l’installation, la sculpture, la photographie, la peinture, l’image en mouvement, le son, la performance et l’écriture.

 

Son travail explore les relations entre corps, espace, temps, matière, information et perception, et la manière dont elles participent à la construction et à la transformation de notre expérience du réel. Sa recherche se nourrit d’une approche intuitive et somatique, mise en dialogue avec différents champs de connaissance, ainsi qu’avec des cosmovisions liées à ses héritages équatorien et mexicain.

 

Diplômée du DNSEP Art de l’École supérieure d’Art Annecy Alpes (ESAAA) en 2019, avec les félicitations du jury, elle développe une pratique où les médiums se déplacent, se rencontrent et se transforment au fil des processus explorés. Ses œuvres prennent la forme de dispositifs, d’environnements, d’images, d’objets, de gestes ou de compositions sonores qui engagent différentes manières de percevoir et d’entrer en relation avec ce qui nous entoure.

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